Les « Top 3 » de notre tour du monde !

Voici un article à la demande des anciens élèves de Marine à Visseiche. Ils voulaient de la lecrure pour les vacances, malheureusement, nous publions à quelques jours de la rentrée. Désolés. Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais.

Ce n’est pas un top 3, mais un top 10 qu’il aurait fallu écrire tant on a vu, vécu et expérimenté des choses merveilleuses. Et encore, nous ne sommes partis que onze mois. Imaginez un classement après deux ou trois ans de voyage. On a quand même joué le jeu car ça fait du bien de se replonger dans ces souvenirs. Mais ce n’est pas un classement préférentiel, c’est juste un énoncé des souvenirs qui nous viennent rapidement à l’idée, car si on réfléchit longtemps, on en finirait jamais… Bonne lecture!

Top 3 des lieux préférés

1. Mae Hong Son en Thaïlande : c’était le point d’orgue d’un road trip en scooter. Nous étions fatigués d’une longue route et le centre historique était tout à fait reposant. L’accueil de nos hôtes était chaleureux, le marché de nuit autour du lac, les temples illuminés, les lampions, tout ça un 25 décembre. Une ville ou l’on aimerait retourner.

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2. Fjordland du sud de la Nouvelle Zélande : c’était notre rêve et nous l’avons vécu sous la pluie avec un allemand et une québécoise. Le tout sous la pluie et dans le froid. Un décor à la fois inquiétant et magique. Une nature brute, inhospitalière mais ô combien envoûtante. La Nouvelle Zélande en général est un pays extraordinaire qui ne peut laisser que de bons souvenirs.

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3. Lençois do Marahenses au Brésil : la dernière claque visuelle de notre tour du monde. Existe-t-il un endroit semblable à ce désert mêlé d’oasis et de lagunes autre part sur Terre?! Si vous cherchez un dépaysement total, c’est là qu’il faut aller. Un trek en claquette, de nuit et sous le soleil des tropiques. Des bains dans une eau limpide, parmi des étendues de sable à l’infini… incroyable et pourtant inoubliable !

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Top 3 des plats préférés

1. Pad thaï : des nouilles de riz sautées avec un oeuf, des crevettes, des légumes, du tofu, de la cacahuète… UN REGAL !!! Les meilleurs se dévorent dans les marchés de nuit.GOPR1656_1451490879761_low
2. Dosai : c’est comme une crêpe, mais plus fine, et surtout beaucoup plus grosse, du coup, elle est roulée. Elle est servie fourrée (champignons, fromage…) où simple et accompagnée de sauces à la coco, pimentée et aux légumes.WP_20151111_118

3. Hamburger néo zélandais : parce qu’après l’Asie, la gastronomie a… disparu ! Il nous restait le savoir faire anglo saxon en matière de junk food, et on a été servi à Queenstown : miam miam !

Top 3 des animaux locaux

1. Rhinocéros : c’était au Népal. Trois qui barbotent dans un étang, puis un quatrième caché dans les hautes herbes. Ils décident alors de nous bloquer le chemin. Une belle frayeur (agrémentée d’une maman tigre sur les dents) qui nous rappelle que nous sommes sur leur territoire. On fait moins les fiers et pourtant, on a vécu le moment le plus intense de notre vie (l’idée qu’on allait peut être mourir nous a très rapidement traversé l’esprit). Qui a dit qu’il fallait aller en Afrique pour vivre un safari ?!

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2. Casoar : un des animaux les plus difficiles à observer au monde. Nous sommes allés dans la Daintree Forest au nord de Cairns en Australie pour l’apercevoir. Introuvable, mais alors que nous quittions sa zone d’habitat, le casoar nous attendait au bord de la route. Mais on ne l’a pas pris en stop…Cassowaries Dain tree

3. Condor : oiseau géant emblématique de la cordillère des Andes et des massifs environnants. On en a observé des dizaines dans la vallée de Colca au sud du Pérou. Ils ont beaux être gros, on a pas réussi à les photographier. Pas grave, on les garde au chaud dans notre mémoire.

Top 3 des moments préférés

1. Passage du col Thorung La à 5600 mètres d’altitude : on y était pas préparé, mais on l’a fait. Un moment très fort en émotion, là-haut, dans les montagnes népalaises, où l’air commence à se faire rare… mais pas les sourires!12033121_1065094393531367_9120624111407699870_n

2. Lever de soleil dans le salar d’Uyuni en Bolivie : un moment hors du temps et au milieu de nulle part, dans un désert de sel immaculé (malgré l’affluence touristique) avec un guide sympa et des amis encore plus sympas (Lionel et Alicia). Nous sommes passés du violet, au rose, à l’orangé, bref toutes les couleurs. Nos ombres se sont allongées puis rétrécies. Nos yeux n’y croyaient pas. Les couchers de soleil étaient également époustouflants.WP_001042

3. Les ciels étoilés de l’hémisphère sud : que ce soit en Australie, en Nouvelle Zélande ou en altitude en Bolivie, tous les soirs étaient des spectacles. Ça nous manque, maintenant que nous vivons en ville…

Top 3 des vêtements qu’on ne voit que là-bas

1. Sari : les femmes indiennes perpétuent la tradition vestimentaire malgré l’occidentalisation des jeunes, notamment dans les mégalopoles. Des étoffes soyeuses, des couleurs chatoyantes. C’est agréable de sortir dans la rue rien que pour voir ce défilé de tous les jours.

2. Chapeau des boliviennes : des couleurs, des tailles et des matières différentes mais un style inimitable. Les « mamitas » sortent rarement têtes nues. Assises dans les bus, il n’y a que les chapeaux qui dépassent du siège, c’est rigolo. Et que seraient ces ces chapeaux sans ses tresses ou couettes de cheveux bruns…

3. Jupe des hommes indiens : surtout dans le sud du pays, plus traditionnel. Ils ne cessent de renouer leurs étoffes appelées « dhoti » ou « lengha », pour la raccourcir au dessus des genoux, ou l’allonger jusqu’aux chevilles : peut être en fonction de la température ou du travail à effectuer, ou des personnes avec qui l’on parle. Et au contraire des écossais, ils portent quelque chose en dessous…WP_20151126_105

Top 3 des traditions étrangères

1. Se déchausser pour entrer chez les gens, dans les temples, les magasins : Une coutume présente dans tous les pays que nous avons visité. C’est une question de pureté, il ne faut pas souiller le sol domestique. Pratique quand on porte des claquettes, moins quand on porte des chaussures de randonnée…

2. La prière du matin à Bali : un rituel quotidien, notamment le matin mais aussi à d’autres moments de la journée. Les Balinais (le plus souvent les femmes) portent un plateau d’offrandes (riz, bougies, encens) dont ils déposent le contenu sur le pas de leur porte, dans des autels (il y en a plein les rues) et à différents endroits de la maison ou du jardin. Les femmes récitent des prières à voix basse et signent avec l’encens. C’est un rituel très reposant à voir.

3. Le barbecue australien : une institution du weekend. On trouve des barbecues électriques absolument partout : au bord des lacs, dans les parcs, sur la plage, au terrain de sport. Les familles se déplacent avec un équipement complet (chaises, tentes, barnum, canoë, planche de surf ou jet ski, glacières remplies de soda ou de bières, des paquets de chips), et grillent des steaks et de la saucisse en veux tu en voilà. Ils passent leur journée en plein air. et il faut venir de bonne heure pour s’installer où l’on veut.

Voilà pour ce Top 3 de notre tour du monde… quand on y repense, c’était bien. On y retournera sans doute, autour du monde, mais pas tout de suite. On espère seulement avoir donner l’envie de voyager à beaucoup d’entre vous. Ca nécessite de l’organisation, mais ça en vaut vraiment la peine car vous rencontrerez des personnes formidables et vos yeux n’en reviendront pas… Le rêve est à portée de mains.

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Ultime semaine en mode « Carioca »

Plus qu’une semaine de voyage. Le beau temps n’est pas au rendez vous, donc nous zappons l’étape « plage » prévue sur l’île de Boipeba et filons de suite à Rio de Janeiro. Nous avons loué six nuits un airbnb pour 160€ dans le quartier de Catete, entre le Centro et Flamengo. Plutôt une bonne affaire dans cette grande ville qui s’apprête à accueillir les JO (avec les prix qui vont avec).

Nous atterrissons à l’aéroport international Tom Jobim le mercredi 20 juillet et prenons le bus navette Premium 2145 pour 14rls chacun. Il nous conduit à l’aéroport Santos Dumont. Ensuite, nous prenons un taxi qui a toutes les difficultés du monde pour trouver la petite rue pavée, pentue, étroite et en épingle « Orlando Rangel ». Heureusement que nous avons le téléphone de Caé, notre hôte. Le chauffeur l’appelle et se détend un peu car son GPS ne trouvait pas l’adresse.

Nous voilà arrivés, delestés de 22 rls (4kms de course). Caé nous accueille tranquillement, à la brésilienne. La façade et la terrasse de sa maison sont en travaux, mais la vue est géniale (pain de sucre et Corcovado) et la chambre spacieuse est située entre le salon et la cuisine. Nous sommes à deux pas de la rua do Catete (tous commerces et marchés) et de sa bouche de métro. À dix minutes, la plage de Flamengo, la place Largo do Machado d’où on peut prendre un mini-bus pour le Corcovado, et à 20 minutes à pied, le Centro. Bref, l’emplacement parfait pour une loc au calme dans la bouillonnante Rivière de Janvier.

Nous arrivons à 9h30 chez Caé. Il nous montre rapidement les différentes choses à faire, nous emmène dans la rua do Catete pour nous indiquer commerces, bouches de métro et visites à proximité. On fait quelques courses, puis une petite sieste pour rattraper notre petite nuit (départ à 4h de Salvador). Réveil à midi, repas et on file au parque do Flamengo qui longe la plage jusqu’à hauteur de Botafogo. Premières vues sur le Pain de Sucre et le Corcovado. Le soleil n’est pas au rendez vous mais la balade de trois heures est agréable.

Jeudi 21 juillet, nous sommes invités chez les parents d’Antonio, un carioca avec qui Antoine a étudié un an à Vannes en 2008-2009. 7 ans après, on se retrouve de l’autre côté de l’Atlantique… Antonio nous accueille donc chez ses parents dans le quartier de Botafogo, près du jardin botanique. Antonio parle français, son père aussi. Pendant la soirée, on va jongler entre français, portuguais (portugnol pour nous) et anglais… Antonio a également invité un couple d’amis qui viennent de finir un tour du monde (en 14 mois : Portugal, Maroc, Égypte, Israël, Jordanie, Turquie, Balkans, Chine, Népal, Inde, Asie du sud-est, dernière étape en Indonésie), et un autre ami. Il y a aussi son frère cadet. En tout, nous sommes neuf.

On mange l’apéro, l’entrée et le plat de résistance dans le canapé, à la brésilienne (la table est trop petite), puis le dessert debout (autour de la table trop petite). Le menu concocté par Antonio (il a une formation de cuisinier, commencée en France et terminée au Brésil, et vend quiches et pâtisseries dans son quartier, en complément de son métier de psychanalyste) est alléchant :

– émietté de crabe aux épices

– risotto de potiron à la viande séchée

– cheese cake à la goïaveWP_002162
Nous sommes reçus comme des rois avec en prime à l’apéritif, baguettes et fromage (bleu, roquefort et parmesan). On tourne au vin rouge. À la bonne franquette. On passe vraiment une très bonne soirée. Antonio nous appelle même un Uber pour rentrer à la maison (le métro ferme à 0h30). Royal on vous dit !!! On doit revoir Antonio lundi pour une balade dans la forêt de Tijuca qui délimite le nord et le sud de Rio.

Nous attendons le beau temps pour visiter les attractions phares de Rivière de Janvier : le pain de sucre et le corcovado où nous attend Jésus les bras ouverts. Et le soleil n’arrive que le weekend. Entre temps, nous sommes allés dans le quartier de Santa Teresa. Un quartier bohème, aux belles maisons et aux rues pavées. On jouit d’un joli panorama au sommet du musée Chacara.

Le samedi 23, place au Corcovado. Le Christ rédempteur bronze sous le soleil et attend les foules de touristes et autres dévots en tenue légère… on suit les conseils de Caé et on file place Largo do Machado pour prendre un mini-bus qui gravira les 700m de dénivelé. 68 rls (18€) le ticket aller retour qui comprend donc transport et entrée au site. Il fait beau, il fait chaud, la casquette est de mise. La foule est compacte. Les perches à selfie sont autant d’épées dans cette mêlée de corps bronzés et à moitié dénudés, muscles gonflés et poitrines en plastique, tout ça sous les yeux de Jésus, les bras toujours ouverts, le regard toujours bienfaisant, malgré les combos bouche en cul de poule + signe de croix. Jésus-Marie-Joseph, que Dieu nous garde…

Pour se frayer un chemin, on donne des coudes, et à ce jeu là, les mamies sont les plus fortes. Des corps jonchent le sol. Allongés par terre pour mieux prendre le Christ Rédempteur en photo (enfin moi avec Jésus derrière). La religion est un gros business au Brésil : c’est un constat, pas un jugement. Nous y participons d’ailleurs allègrement. Mais ce site est tout simplement grandiose, prenant, transcendant pour certains. La vue sur la baie de Rio est unique.

L’après midi, nous irons nous balader le long des plages avec au programme, un coucher de soleil sur Ipanema. Magique. Ipanema est plus belle que Copacabana. Ce n’est pas non plus le même public. Plus populaire à Copacabana, plus bourgeois à Ipanema, plage de surfeurs néanmoins. Les clichés sur Copacabana sont bien réels, en témoignent les photos suivantes. Par contre, l’eau est fraîche à cette époque, et sale (tickets de caisse du megastore des JO monté sur la plage, bouteilles, bouchons…).

Le dimanche 24, place au Pain de Sucre. Et oui, un dimanche… Mais avant cela, le quartier de Lapa, plus populaire que Catete, moins sûr, mais authentique et charmant : son escalier de faïences colorées, son viaduc, le carioca qui joue de la guitare à l’ombre, les vendeurs d’eau, de maillots contrefaits, les clochards vendeurs de bonbons à la menthe.

Place au Pain de Sucre que nous dégusterons au coucher de soleil. 76 rls pour prendre le téléphérique de haut en bas, aller retour (tarif JO). Si on grimpe sur le morro voisin (départ du sentier plage Vermelha), on ne paye que 40 rls, mais on redescend tout en bas pour 60. Déjà sur le morro, la vue est belle, et le coin agréable, abrité par les arbres. On flâne et avec la queue pour le téléphérique, on assiste au coucher de soleil depuis la cabine. En haut, le mirador est en travaux et donc fermé : merci les JO… On profite quand même du site et des différentes vues malgré la foule et la bataille des selfies.

On redescend tranquillement. Rio brille de mille feux, c’est une ville splendide et il y en a pour tous les goûts. Nous sommes ravis de cette dernière semaine.

Lundi 25, nous ne visiterons pas la forêt de Tijuca avec notre guide Antonio, il a trop de rendez vous. On en profitera pour avancer notre journée cadeau dans le Centro avec notamment les boutiques de tongs rua da Conceição aux numéros 34 et 57 (indiquées dans le routard). On tombe sur une équipe de TF1 qui nous filmera pendant une demi heure dans la boutique…

Le soir, on ira manger au Severyna Laranjeiras, au 54, rua do Ipiranga. Resto conseillé par Caé qui nous réserve la table mais ne pourra nous accompagner. Cuisine du Nordeste et forro à partir de 22h. Un groupe joue et les clients dansent jusqu’à 1h du mat’.

Le lendemain, on retournera à Copacabana, on fera les dernières emplettes, un dernier marché et nos sacs. Dernière douche avec cette vue imprenable sur le Christ Rédempteur. Un abraso à Caé et son papa (ainsi qu’aux tortues à qui on laisse une tomate) et on file à l’aéroport (Caé nous a réservé un taxi à 50 rls).

Après nos deux derniers vols, un Rio-Londres puis un Londres-Paris, assortis de quelques minutes d’attente entre deux eaux et d’un pilote anglais artiste dans l’âme, on s’apprête à prendre un train pour Nantes à Roissy-CDG…

Nous n’avons que quarante minutes pour récupérer nos bagages et nos billets avant de filer sur les quais. Antoine attend les bagages et Marine file au guichet de la SNCF quand un sacré imprévu survient…

Superbe surprise à Paris, au sortir du sas des arrivées : nous tombons d’abord sur Adrien et Gaëtan puis ce sont nos parents qui surgissent de derrière le Starbucks !!! Que d’émotions et de belles retrouvailles avec colliers de fleurs et drapeau breton customisé par Claire…

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Catherine est derrière l’objectif, tout comme Adrien

Nous prendrons ensuite le train tous ensemble direction Saint-Nazaire pour une petite soirée très bien préparée avec champagne et tout le toutim… sans oublier une dernière péripétie avec la SNCF qui change des wagons et des places qui se négocient avec un contrôleur débordé. Que d’aventures encore !

C’est la fin de ce voyage de 11 mois, rempli de belles rencontres, sans agression, vol, ou perte de bagages. Un voyage inoubliable qui nous aura fait sortir de notre routine et nous aura ouvert les yeux sur un monde de possibilités (y compris dans notre beau pays).

On va essayer de garder cette dynamique et se dire que quatre heures de route, c’est pas le Pérou et qu’une visite d’un weekend aux amis de Reims, de Paris, de Lyon, à la famille en Lorraine, en Bourgogne, dans le Sud, c’est dans nos cordes car on a fait pire. À bientôt par chez vous et ailleurs… et merci de nous avoir suivi !

Pipa, Olinda et Salvador de Bahia

Lundi 11 juillet. 6h du matin. Commence alors un marathon des transports comme nous aimons : 36h au total. De Barreirinhas, nous prenons un taxi de 4h jusqu’à Sao Luis afin de prendre un bus qui part à midi pour Natal. 16h de bus.

Le lendemain, nous arrivons trop tard pour prendre le dernier bus pour Pipa, une très belle plage paraît-il… Nous dormons donc en face de la gare routière pour 65 rls à la pousada Iris.

Le lendemain, nous avons un bus à 9h30 pour Praia da Pipa. Il met 2h. Nous avons réservé une chambre pour une nuit chez Media Veronica pour 75 rls, sans petit dej, sdb partagée. Un nid d’argentins. Malheureusement, le temps n’est pas au beau fixe. Quelques averses. Mais une belle balade quand même au bord de mer. Pipa, ce sont de jolies plages bordées de falaises, mais envahies par les chaises et les tables en plastique.

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Le lendemain matin, nous attrapons le bus de 7h pour Natal. Nous avons un bus pour Recife à 10h30 pour 160 rls chacun, compagnie Progresso. 6h de transport. Nous arrivons sur les coups de 17h juste avant que la nuit tombe. On prend un bus de la gare routière jusqu’au centre pour 2 rls et des broutilles, puis un autre bus rua do Sol près de la poste. Celui ci coûte un peu moins de 8 rls pour aller jusqu’à Olinda, praça do Carmo. On arrive à l’hôtel réservé rua Prudente do Moraes. C’est le Canto dos Artistas. Et on tombe sur un artiste, un vrai : cheveux rasés d’un côté, queue de rat dans la nuque, le pas lent et traînant et un sourire béat. Pour les amateurs de foot, c’est le sosie de Javier Pastore, encore un artiste. Il est super sympa, comme sa patronne : Angela, une vraie piplette. 90 rls la chambre. C’est tendance, c’est Olinda, il faut payé un peu plus cher. Mais l’équipe est super sympa et prête à tout pour nous satisfaire. De belles rencontres.

Olinda est un quartier très joli, très coloré, très bohème. On a passé trois jours agréables avec une soirée dans la rue et les bars pour écouter et voir danser le frevo avec Ana, une brésilienne adorable et rigolote.

On était bien à Olinda, on est un peu triste de partir.

On traîne nos gros sacs jusqu’à la rodoviaria. On a de plus en plus de mal à les supporter. Et on a surtout hâte de rentrer. Ce soir, direction Salvador de Bahia avec un ultime bus de nuit de 12h. On est placé tout au fond, près des toilettes. Une petite dame ira faire la grosse commission et ça empestera pendant 4h. Nous sommes gâtés pour notre dernier trajet en bus. WP_002135Fatigués, nous arrivons à Salvador ou personne n’arrive à nous indiquer correctement l’endroit où attraper un bus pour le centre historique. On erre près d’une heure de plate formes en arrêts de bus, d’un côté et de l’autre de la 2×3 voies. Un régal de traverser des ponts et monter des escaliers avec nos 14 et 18 kilos sur le dos.

On arrive dans le centre, mais c’est dimanche, les rues sont désertes et certaines ne doivent pas être empruntées. « C’est dangereux », nous disent les rares passants. On prend un taxi pour 15 rls qui roule à deux à l’heure et ne nous amène pas à destination. Mais nous sommes proches du but et de la pousada Biribiri (195 rls pour trois nuits, sdb partagée, pas de petit déjeuner).

Ricardo, le propriétaire très sympa nous informe que ça fait quatre jours qu’il n’y a plus d’eau dans le quartier, elle revient tout juste. Nous patienterons quelques heures avant de prendre une bonne douche froide. Il fait pas loin de 40 degrés ici. Notre hôtel est tout proche du Pelourinho, le quartier historique, plein d’églises et de maisons colorées. WP_002137Mais nous sommes fatigués et nous resterons pas mal de temps dans nos quartiers de la rua dos Perdoes. On ira manger deux fois le midi dans un bon resto végétarien, Rancho Vegano (15 rls l’almoço avec un jus et un plat).

Le mercredi 20 juillet, Ricardo nous emmène de bonne heure (4h du mat’) à l’aéroport où nous attend notre avion pour Rivière de Janvier. Il est moins cher (en s’y prenant quelques jours à l’avance) de voyager en avion plutôt qu’en bus, mais ça vaut uniquement pour les longs trajets. Un Salvador-Rio en bus met 36h contre deux par les airs (160 rls pour deux). Nous avons réservé un air bnb chez Caé pour 6 nuits et un total de 160 rls : une aubaine. À nous Rio de Janeiro!!!

Lençóis do Maranhenses : un avant goût du Paradis

Départ à 14h de Sao Luis pour Barreirinhas. Ticket à 53 rls avec Cisne Branco. Au passage, on prend aussi nos tickets pour Natal. On partira lundi 11 juillet à 11h50 pour 335 rls chacun, soit au total 186€. En même temps, il y a 1500 kms et 32h de voyage.
En attendant, nous arrivons de nuit à Barreirinhas. De suite, des rabatteurs nous attendent. On souhaite aller à la Casa do profesor. Le rabatteur appelle et nous dit que c’est complet (seulement de la place pour monter la tente) et dans la foulée, il nous propose deux hôtels à 50 et 80 rls la chambre. Plutôt honnête, mais on veut en avoir le coeur net. Sauf qu’il nous colle. On le remercie, et on file en douce à la Casa do profesor. On y arrive après un bon kilomètre. On sonne. Et Rodolfo, le boss, nous confirme que c’est complet. Le rabatteur n’a pas menti. On lui demande s’il n’a pas un hôtel à nous recommander. Et là, comme par magie, le propriétaire de l’hôtel dont il parle sort de la casa do profesor (il informait des touristes des possibilités de trekkings qu’il organise). Vamos! Patricio nous amène en quad. Une course rafraîchissante après toute cette chaleur. Sa maison est très sympa : http://www.paraisodocaju.com. On peut installer nos hamacs et cuisiner. On booke dans la foulée un trek de trois jours dans le superbe Lençóis Maranhenses. Départ demain à 2h du mat’! Il est 20h30. Le temps qu’on mange, qu’on taille le bout de gras à droite, à gauche, qu’on fasse nos sacs, il est 23h30. Marine dormira un peu, nuit blanche pour Antoine.

Nous sommes 6 à partir en trek avec Patricio comme guide, et son frère, Marcelo : trois français (Erik, Marie-Ange et Lise-Elodie), une brésilienne de Rio, Raul de Singapour, et nous deux. Un café et en route pour deux heures de 4×4. Franchissement de rivière sur un bac puis piste de sable. Heureusement qu’il a plu, elle est plus pratiquable… Qu’est ce que ça doit être à sec… On a quand même failli s’ensabler deux fois et faire un ou deux « tout-droit »! Un réveil en douceur. Il est 4h du mat’, premier obstacle de la journée, une dune de 82 mètres.
En tout, nous avons 22 kms à parcourir à travers ces dunes mouvantes, ponctuées de lagunes d’eau douce, toutes plus belles les unes que les autres. Mais pour l’heure, nous ne voyons pas grand chose. Juste une lumière de phare et un superbe ciel étoilé. Il fait bon de marcher de nuit, car quand le soleil montera dans le ciel, la chaleur nous fera courber l’échine. Nous n’avons emporté que le nécessaire. Pas besoin de s’alourdir dans ce désert. Nous vivons des moments magiques dans cette étendue de sable. La torche au front, nous ne voyons qu’au dernier moment le devers qui conduit plus bas à une lagune.

Nous suivons donc la trace de Patricio. Il se repère avec la forme des dunes, la végétation, et quand il fait nuit, avec les étoiles. Nous faisons une pause pour le lever du soleil. Sublime.

Nous nous sommes décidés en quelques instants hier soir, mais nous ne regrettons pas notre choix. C’est un trek unique au monde (180€ par personne). Le soleil se lève. Quelques nuages retiennent ses rayons, mais il donnera plus tard. Nous traversons des dunes, mais aussi des lits de rivière, notamment celui du rio negro, quasiment à sec aujourd’hui, mais qui gonfle jusqu’à hauteur d’homme pendant la saison des pluies.

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Avant les dunes, une côte rocheuse et une forêt dense prenait place. Une ère glaciaire a tout emprisonné, l’érosion s’est jouée sous cette couche de froid et quand le dégel est venu, la roche s’était partiellement dissoute en sable. Le vent a alors joué son rôle, déplaçant ces bancs de sable qui ont petit à petit recouvert rivière et forêt. Le rio negro est donc brun, car en dessous se trouve la végétation de la forêt engloutie. Les lagunes se forment avec la pluie qui grignote le sable et fait ressurgir la rivière souterraine. Les pluies font aussi ressurgir des pousses de plantes et des oeufs de poisson. Certaines lagunes abritent des poissons de petite envergure et des fleurs comme des nénuphars. L’eau est souvent cristalline.Nous marchons depuis quatre heures et nous avons croisé beaucoup de lagunes très tentantes, mais Patricio nous en a gardé une exceptionnelle… Le premier bain est un pur moment d’extase. Nous ne réalisons pas vraiment où nous sommes. Jamais nous n’aurions pensé nous retrouver dans un décor de rêve comme celui-ci. Un plaisir immense, et des yeux grands comme ça.

Revigorés par cette baignade, nous repartons pour trois bonnes heures de marche avec comme destination, une oasis où nous passerons la nuit. Nous nous baignerons de nouveau et prendrons soin de bien appliquer la crème solaire, notamment sur les pieds, puisque ce trek se fait en claquettes. Il est peu ou prou midi quand nous atteignons l’oasis. Il était temps, la tong d’Antoine venait de rendre l’âme, et le sable brûlant commençait vraiment à être douloureux. On mange, on fait la sieste, coucher de soleil sur les dunes et gros dodo car 22 kms dans le sable, c’est usant.

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Le lendemain, réveil à 6h pour quatre petites heures de marche. On a encore le droit à de sublimes panoramas et à de délicieuses baignades. L’oasis est atteinte avant midi. Rebelote : manger, sieste, coucher de soleil et dodo.

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On se lève à 2h du matin pour une grosse journée de marche. Heureusement, la pluie décale un peu notre réveil. La dernière journée est fatiguante : mal aux pieds, fatigue cumulée, mais les paysages nous donnent beaucoup de force pour avancer (et la promesse de lagunes somptueuses où se baigner).

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Ces trois jours furent merveilleux. Une parenthèse hors du temps dans ce Brésil immense et surprenant. On gardera des souvenirs enchantés du Lencois Maranhenses. Véritablement, un endroit à découvrir si vous venez en Amérique du Sud. C’est du niveau du Salar d’Uyuni en Bolivie.
On finira tranquillement notre séjour chez Patricio avant de repartir lundi matin pour Sao Luis en taxi (120 rls) où nous attend un bus pour Recife. On quitte cependant Barreirinhas le coeur lourd puisque la France s’est faite chiper son Euro par les lointains cousins des Brésiliens… Bon, ce n’est pas trop grave car la plage de Pipa nous attend après 36h de bus!

De Belem à São Luis

Belem est le point d’arrivée de notre petite croisière (partis vendredi midi, nous arrivons dimanche matin) à partir de Santarem. Il est 6h du matin quand nous débarquons au terminal hidroviario de Belem. Il fait déjà très chaud. Nous marchons 1,5 kms jusqu’au quartier où nous avons repéré des hôtels, autour de la rue Ó de Almeida. Malheureusement, les deux premiers sont chers (106 chez Unidos, 120 chez Pousada). Finalement, nous nous dirigeons vers le moins cher de la liste du routard, l’hôtel Amazônia. L’accueil est sympa, le prix doux (70 rls ou 19€ la double avec clim et sdb), ce n’est pas le grand luxe mais c’est propre. Le coin salon est agréable et on a une cuisine à disposition. Puis, on est là que pour une nuit, on ne va pas faire la fine bouche. L’hôtel est sombre et encaissé, mais pas si irrespirable que ça. Par contre, les cloisons des chambres sont en agglo bois : on entend péter le voisin…
On prend d’abord une bonne douche avant de sauter dans un bus pour la gare routière (sur l’avenue Vargas, prendre le bus qui se rend à São Bras pour 2,7 rls chacun). On réserve maintenant nos places dans le bus pour São Luis : 103 rls (28euros) pour 800 kms. On part le lendemain à 20h avec la compagnie Progresso. On reprend le bus direction Ver-O-Peso, le marché historique de Belem. Il est 9h, on se prend un p’tit dej local : jus de maracuya (très sucré) et une orelha (oreille), comme un gros palmier de LU… on achète ensuite quelques légumes. Mais c’est dimanche, pas mal de stands sont fermés, on repassera demain.

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On se balade un peu pour trouver un supermarché et acheter des pâtes. On tombe sur une manif d’une organisation de protection des animaux. Plus généralement, ce dimanche 3 juillet, c’est la fête à Belem : un festival de musique à l’Estaçao das docas et beaucoup de musique dans les rues. On se sent tout de même fatigué. On se reposera tout l’après midi entre skype à la famille, épisodes de GOT et France-Islande.
Le lendemain, réveil tardif. On s’active à partir de 10h. On va prendre le petit déjeuner au marché comme hier. Pour Marine, jus de maracuya et orelhas, de même pour Antoine avec en supplément un abacatada (jus d’avocat) et un salgado de pomme de terre à la viande. Le tout pour 11 rls : 3€. Qui a dit que le Brésil n’était pas bon marché?!

On longe le marché pour rejoindre le port (pas très reluisant) et la Plaça do Relogio, puis le fort do Presépio, où la ville de Belem a été fondée en 1616, mais il est malheureusement fermé.

 

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On passe devant la cathédrale da Sé, puis on se balade dans quelques ruelles dont les habitations présentent de beaux azulejos : des carrés de faïence qui ornent les façades de maison. Le plus de ces décorations, elles protègent de la chaleur en été (qu’est ce que ce serait sans?!?!)…

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On retourne ensuite dans les rues commerçantes : quel changement par rapport à hier, c’était désert alors qu’aujourd’hui, ça grouille de vie. On va prendre le frais à l’Estacao das docas, d’anciens docks réaménagés en espaces commerciaux et autres restaurants. Voici le programme : clim et wifi gratuit. On publie quelques articles avant de manger une glace de chez Cairu. Choco noisettes pour Marine, maracuya (fruit de la passion) pour Antoine.

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On rentre tranquillement à l’hôtel. Pour 10 rls, on a fait gardé nos sacs et on a droit à une douche : luxe suprême. Mais on subira encore la chaleur de la soirée (27°) en allant prendre notre bus pour Sao Luis. Voilà pour Belem. Une ville en même temps belle et décrépie, mais qui sent trop souvent l’urine… Bah quoi c’est la vérité!
En route pour Sao Luis. On a acheté nos billets la veille pour 103 reals, au lieu de 123. On roule avec Progresso. Près de 800 kms pour une douzaine d’heures de route. Le chauffeur devait avoir un trouble obsessionnel compulsif qui l’oblige à donner de frénétiques coups de pieds sur l’accélérateur. Encore un qui a eu son permis dans une pochette surprise.. . En général, les longs trajets au Brésil ne sont pas géniaux. D’une part, parce que le coût des transports est cher, d’autre part les chauffeurs sont nazes, et les routes pourries.

Trêve de critiques. On arrive à São Luis à 7h30 ce 5 juillet. On attrape un bus pour le centre (2,7 rls le ticket). On s’arrête praça Deodoro à un kilomètre de notre hotel, Solar das Pedras. On loge dans une chambre avec salle de bains pour 90 reals, café de manha compris (25€). On passera notre journée à visiter la ville, très charmante, mais relativement délabrée, comme à Belem. On a aimé la feira da praia grande, la rua Portugal et ses azulejos, et la cathédrale da Sé.

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Impressionnante vue depuis le palacio dos Leões, siège du gouvernement du Maranhao, sur la nouvelle ville et ses buildings.

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São Luis est maintenant divisée en deux entre l’ancienne qui a l’air de dépérir et la nouvelle, qui s’épanouit. Le 6 juillet au matin, après un petit déjeuner copieux, on prend la direction de la rodoviaria pour rejoindre Barreirinhas et le parque nacional dos Lençóis Maranhenses. Il nous reste une bonne quinzaine de jours et encore pas mal de choses à voir.

Notre croisière sur l’Amazone

Vendredi 1er juillet. Fin de notre séjour à Santarem et Alter do Chao. Que ces quatre jours sont passés vite. Et dire que nous partons le 26… La croisière de trois jours que nous débutons ce matin aura peut être le don de ralentir un peu le temps. Nous quittons Alter do Chao par le bus de 7h. Nous arrivons un peu après 8h à Santarem. Direction la petite place triangulaire qui précède le marché municipal. Nous profitons des dernières minutes d’ombre pour nous asseoir et manger notre petit déjeuner : des bananes. Antoine va se chercher un café pour 2 rls. Ensuite, nous allons voir les motos taxis pour qu’ils nous emmènent aux « docas » (10 rls). Alourdis par nos sacs, nous sollicitons nos cuisses et nos abdos pour ne pas tomber à la renverse. Il est 9h. On embarque sur le Rondonia, 56m de long sur 21 de large.

Plus de places sur le pont inférieur -en même temps, ce n’est pas notre place car nous avons payé pour être sur le pont climatisé (on s’en est rendu compte après coup). On s’installe donc sur le pont supérieur (couvert) : 150 rls les trois jours par personne contre 110 sur le pont inférieur, et de 600 à 1000 en cabine.
Pas de crochets pour attacher les hamacs. Antoine déniche deux cordes qui traînent. On en achète deux autres de près d’un mètre pour 6 rls. Notre voisin fait un clin d’oeil à Marine pour signifier que le noeud d’Antoine est solide. Les deux ponts peuvent abriter près de 500 personnes. Mais elles n’y sont pas et nous jouissons d’assez d’espace pour nous balancer gentiment.

Le bateau devait partir à 10h, mais il ne lâchera les amarres qu’après midi. Autour des espaces pour les hamacs se trouvent les cabines, comme les sanitaires (qui ne sentent pas très bon). À la proue du pont inférieur, le réfectoire où sont servis petits déjeuners ou « café de manha » pour 10 rls (7h-8h), déjeuner ou « almoço » pour 15, (11h-12h) et dîner ou « jantar » pour 10 (17h-18h). Toujous côté proue, mais sur le pont supérieur, le bar qui joue de la musique forte, très forte, de 10h à 22h. Ça joue au domino et boit de la bière non stop.
Les Brésiliens embarquent lourdement chargés. Objets en tout genre (ventilos, télés, et bien sur glacières et nourriture, sans oublier le matériel pour cuisiner). Avant le départ, des vendeurs ambulants proposent lunettes de soleil, chapeaux, casseroles… à chaque escale, les gens débarquent pour acheter à manger, ou des vendeurs montent à bord. Le deuxième jour, plus loin sur l’Amazone, loin des villes, des petites barques à moteur viennent à hauteur du Rondovia et l’abordent. Des enfants vendent des crevettes ou des fruits. Des passagers leur donnent fruits ou gâteaux, en guise de cadeau. Ils n’ont pas l’air d’avoir la vie facile.

Au fur et à mesure de notre avancée, le fleuve s’élargit et se rétrécit. De part et d’autre, une forêt dense ponctuée ça et là de petits villages ou de maisons isolées sur pilotis. Des scieries aussi, et pas mal de barques de pêcheurs.


On ne peut pas vraiment parler de croisière, mais plutôt de voyage, un terme qui inclus les notions de désagrément et inconfort, mais aussi d’échanges, relativement brefs étant donné le portugais peu compréhensible que parlent nos voisins. Y’en a quand même un qui nous offre un gâteau de semoules de maïs, sucré, plutôt bon d’ailleurs.

Pour tuer le temps,  on lit beaucoup, et la clim de notre pont fait qu’on aime y rester. Sinon il fait trop chaud, sauf sur le toit du bateau où l’air est frais. Mais on ne peut rester inlassablement à regarder les rives, elles deviennent monotones.

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Samedi 2 juillet, le match Allemagne-Italie est retransmis, et le soir, tout le monde se fait beau, il y a un bal. La nuit sera courte car Belem est annoncé à 5h, ce dimanche matin. Branle-bas de combat sur les ponts : c’est l’heure de faire nos bagages… nous débarquerons à 6h.

 

Amazonie nous voilà !

Dans un mois, nous serons rentrés en France. En attendant, il nous reste un mois de soleil et de chaleur au « Brazzzil »! Et à l’arrivée à Santarem, nous sentons cette chaleur. Il doit bien faire 30 degrés (voir plus sur le tarmac du petit aéroport).
On attend nos bagages en regardant sur un petit écran les employés décharger les valises sur le tapis roulant. On sait qu’il y a un bus qui rallie le centre ville depuis l’aéroport. On esquive donc les avances des taxis et montons dans le bus (qui nous attendait) : on entre par l’arrière et on paye le ticket à un employé assis devant un tourniquet. Généralement, avant de sortir, les brésiliens paient et passent le tourniquet qui donne accès à l’avant du bus par lequel s’effectue la sortie. Prix de la course : 2,5 rls par personne.
Santarem est une grosse ville de près de 300 000 habitants. Mais le centre historique est facilement parcourable à pied. Au pire, pour aller du centre aux docks (d’où partent les croisières), on met près d’une heure à pied, parce qu’il fait tellement chaud, qu’il faut s’arrêter deux fois pour boire un jus de fruit (suco) ou une bonne bière (Tujica, Brahma : celles qu’Antoine a goûtées).
Bref, le bus nous lâche au croisement de l’avenida Rui Barbosa et de la travessa dos Mártires. On trouve facilement notre hôtel situé sur le remblais, le long du rio Tapajos : Hôtel Beira. On dort dans une chambre double climatisée pour 90 rls, petit déjeuner compris. En prime le gérant (ou l’employé), Antonio, est vraiment sympa. Ils nous a conduit au marché près de l’église bleue (où nous avons acheté nos hamacs pour 30 et 38 rls) et à l’arrêt de bus (au croisement des avenidas Rui Barbosa et Sao Sebastiao) pour partir à Alter do Chao.WP_001883.jpg

Nous ne restons qu’une nuit à Santarem. Le lendemain, nous partons à Alter do Chao, petite bourgade au charme certain, toujours sur le rio Tapajos, mais avec cette fois des plages de sable blanc. Mais notre court séjour à Santarem (enfin, dans l’hyper centre de Santarem) fut très agréable. Un bon resto buffet où l’on paye au kilo, des bons sucos, acerola ou maracuya, de jolis hamacs, un remblais sympa avec ces pêcheurs et ces joggeurs. On a bien aimé se rendre aux docks en moto taxi  (5 rls la course) pour réserver notre croisière de trois jours entre Santarem et Belem : départ vendredi 1er juillet à 10h pour 150 rls chacun (47€). On dormira sur le pont avec nos hamacs qui se disent « rede » en brésilien. Imaginez Antoine qui essaie de se faire comprendre pour savoir ou acheter un hamac… il a fallu dessiner tout simplement !
Mardi 28 juin, départ pour Alter do Chao. Le trajet d’une heure de 40 kms nous coûte 3 rls chacun. On se fait déposer rua Dom Macedo Costa, à un kilomètre de notre point de chute. Avec la chaleur et la lourdeur de nos sacs alourdis par les hamacs, la marche est éprouvante. Le pire, c’est que le bus est passé juste devant « Savana ». On a fait toute cette marche pour rien. On est content d’arriver. L’emplacement du hamac coûte 10 rls la nuit par personne. Il y a une cuisine. C’est sommaire, mais tout à fait dépaysant. Il y a pas mal de petites bêtes sous notre abri : fourmis en quantité, blattes et chenilles…WP_001890.jpg On installe solidement les hamacs, puis on sort visiter le coin. WP_001886.jpgPaillotes, hamacs, plages de sable blanc, trois bières pour 10 rls… on se croirait en Thaïlande du sud ou à Palolem en Inde. On pique nique sur la place et on profite du wifi disponible ici pour donner des nouvelles.WP_001891.jpg

Par contre, la première nuit en hamac est difficile. Du mal à trouver notre position et des voisins bruyants, dont un qui laisse la télé allumée de minuit à 7h du mat’… La deuxième nuit sera meilleure.

Nous logeons donc à « Savana » chez Ana, qui met à disposition plusieurs cahutes avec cuisinière et sanitaire, ainsi qu’un « redario », où accrocher son « rede », son hamac. Plus le séjour est long, plus les prix sont avantageux. On peut donc loger entre 25 et 110€ le mois. Une colonie -de ce que l’on peut considérer comme des hippies- de nationalité argentine vit ici. Les filles ont les cheveux longs, rasés sur les côtés, et portent tatouages et piercings. Elles cuisinent et vendent de la nourriture sur le marché. Un couple élève un nourrisson d’un mois. Il est né ici. Ils attendent qu’il grandisse pour repartir à l’aventure au nord vers le Vénézuela, la Colombie puis direction le sud vers l’Equateur, le Pérou, le Chili pour enfin rentrer en Argentine par le point le plus au sud. Nous ne nous sentons pas vraiment à notre place. Les logements de Savana sont excentrés de l’animation d’Alter do Chao. Ils sont donc moins chers, parfait pour poser son sac de longs mois comme nos voisins.
Le deuxième jour, nous nous baladerons dans Alter do Chao, et nous reposerons de notre première nuit difficile en hamac. On est également allé se renseigner pour un circuit touristique. Sur le quai d’Alter, les passeurs (la plupart du temps, ils embarquent les touristes du quai à la plage situé en face d’Alter) proposent des excursions vers les joyaux naturels des alentours d’Alter, le « lago verde » notamment. On peut y aller à deux pour 80 rls. 110 pour un tour plus complet dans la forêt enchantée (inondée). Des prix attractifs, mais on a peur de ne rien comprendre (les passeurs ne parlent que portuguais).

Puis on se rend au Beloalter Hôtel où se trouve une agence spécialisée en « tourisme écologique » : Ynca tourism. On nous propose un tour complet de près de 4h pour 300 rls à deux (83€). Un prix attractif car ce n’est pas encore la haute saison. Ça reste tout de même un budget : avec cette somme, on peut se nourrir pendant 15 jours (pâtes et sauce, sandwichs poulet, fromage, tomates, bananes et un ou deux rafraîchissements par jour). Ou encore faire une seconde croisière Santarem-Belem. Mais ça a vraiment l’air de valoir le coup. On retournera le lendemain matin pour confirmer.

Le jeudi 30 juin, jour de l’anniversaire de la maman de Marine, nous avons rdv à 15h à l’hôtel pour l’excursion. Nous arrivons un quart d’heure en avance, le guide est déjà là. Il s’appelle Pito doit avoir entre 50 et 60 ans. D’emblée, il nous dit qu’il est indigène, qu’il a grandi dans la forêt amazonienne et qu’il va nous montrer comment un faire un pagne, et nous promet de nous faire goûter aux fourmis, un remède contre les problèmes gastriques : sacré programme! On se dit qu’on va donc en avoir pour notre argent. Derrière l’hôtel, une plage magnifique de laquelle nous embarquons. C’est parti.

Nous prenons d’abord la direction du lago verde. Premier arrêt sur une berge. Pito cueille quelque chose d’une herbe haute qui pousse dans l’eau : c’est du riz… une plante native. Puis nous entrons dans cette forêt d’arbres centenaires, immergée, d’abord clairsemée puis beaucoup plus épaisse et haute. Quatre mètres de profondeur maximum nous dit Pito, l’eau est transparente. On voit le fond. Les herbes et les arbres agissent comme des filtres purificateurs. Pito plonge sa bouteille dans l’eau et nous invite à boire. Elle est limpide et n’a pas de goût. Incroyable !

Deuxième stop pour goûter une baie rouge appelée « jara ». Un peu acide. Pito nous dit qu’il les aime avec une caïpirinha ! Ce canal naturel nous mène vers la crique Caranazal où est installé un restaurant. Des gens se baignent, c’est très agréable. Pito nous laisse avec une femme qui va nous amener plus profondément dans cette forêt inondée et dite donc, enchantée… les bateaux à moteur ne passent pas dans ces étroits canaux. Nous montons dans une plus petite barque et la femme rame à l’avant.

On fait un tour d’une demi heure, on a failli s’endormir. WP_001907WP_001906La femme récupère à la surface des fruits jaunes, comme de petits citrons. À l’intérieur, deux baies gluantes, au goût de citron. Le lieu est magique, mais dangereux. Il faut être du coin pour s’y aventurer. Récemment, des australiens s’y sont perdus en canoë : trois jours d’une longue galère, qui aurait pu s’avérer fatale.

Nous retrouvons Pito. Prochaine escale, la forêt pour toute sorte d’activités. On débarque en tong (nos grosses chaussures de rando n’auraient pas du tout été pratique). Après dix mètres, on s’arrête devant un arbre entaillé. Nous allons récolter du latex ! Il faut le coup de main pour prélever le caoutchouc. La petite coupole se remplit en deux heures nous dit Pito. À l’état pur, on peut déjà tester son élasticité. L’arbre a 20 ans et on peut l’exploiter à partir de 8-10 ans.

Pito se dirige vers un arbre voisin sur lequel s’est développé une immense fourmilière. Il tape sur le tronc et après cinq secondes d’attente, les fourmis débarquent et investissent sa main. Il la retire alors et frotte ses mains, écrasant des dizaines d’insectes. Il nous fait sentir sa main. Une forte odeur : un répulsif naturel ! WP_001921.jpgPlus loin, il gratte une écorce, nous la fait sentir : du parfum. Puis Pito se met à quatre pattes et siffle dans un trou. De grosses fourmis, épaisses comme un ongle sortent du trou. Il en prend une délicatement, sépare avec ses dents l’abdomen de la tête : ça croustille ! Puis il tend la tête à Marine lui disant de la croquer vite. Elle s’exécute. On sent alors une forte odeur de citronelle. Antoine demande à Marine de sentir son haleine : ça vient bien de là ! Au tour d’Antoine, mais attention, il faut vite croquer la tête sinon les mandibules pincent la langue. Le goût est agréable, la consistance moins. Et ce goût de citronelle, vraiment puissant. Bon pour l’estomac donc. On en mange une ou deux autres puis on s’arrête !

Place à la confection d’un pagne, Pito s’exécute rapidement, mais ne le finit pas, il faudrait plus de temps. Sa dextérité est impressionnante. Il découvre ensuite de son enveloppe, la fleur de palmier. Avec l’enveloppe, il confectionne une petite pirogue. Il s’enfuit alors plus profond, nous demandant d’attendre là. Il revient avec une branche coupée dont coule de l’eau. Nous la buvons, goutte à goutte. Elle est légèrement sucrée, très désaltérante. On va de surprise en surprise. Quel savoir! Pour finir, Pito confectionne un arc avec une branche flexible et une liane. Il tire même une flèche. Avec un peu plus de perfectionnement, cet arc pourrait presque servir à la chasse. C’est incroyable tout ce que l’on peut faire en si peu de temps. Pito en connait un rayon. Fascinant.

 

Nous remontons dans le bateau. Quel plaisir de se balader sur cette lagune verte. On la quitte pour se diriger vers la plage principale d’Alter do Chao. Elle n’est pas encore totalement découverte. En août-septembre, c’est la saison sèche et le rio Tapajós se retire pour découvrir plus de plages encore. De la « praia » majeure, on peut rejoindre de plus petite et discrète. Arrêt de quinze minutes : Antoine se baigne.

Puis on reprend le bateau pour s’arrêter dans ce qui sera dans un mois, une lagune, bordée d’arbres fruitiers. Les arbres ont deux colorations : c’est la marque du niveau de l’eau.WP_001950.jpg Dernière étape de notre après midi sur le rio Tapajós, le coucher de soleil au Ponta de Cururú. WP_001958.jpgIl est 18h15, le soleil a disparu, nous rentrons à Alter do Chao. Nous profitons à fond de ces beaux moments à voguer sur ce fleuve d’huile.

Une douce chaleur nous accueille à terre. Demain, nous remettons le couvert pour trois jours de croisière au beau milieu de l’Amazonie sur les rios Tapajós, Amazonas puis Anapu, de Santarem à Belem…

PS : Pito, notre guide, peut être joint en dehors de l’hôtel pour un tarif inférieur à celui qu’on a payé. Voici son portable : 93992127567, sinon demandez le sur les quais, il semble être connu…